Les fondamentaux qui gouvernent la demande en produits agricoles restent inchangés
Les fondamentaux qui conduisent à la nécessité d’augmenter la production agricole à l’échelle mondiale n’ont pas changé.
Les fondamentaux qui conduisent à la nécessité d’augmenter la production agricole à l’échelle mondiale n’ont pas changé. En dépit de la situation financière globale, la demande alimentaire sera forte et incontournable, c’est ce qu’a affirmé un panel d’experts du domaine financier et agricole réunis à l’occasion de la conférence de Presse organisée par AGCO durant le SIMA.
La France est le marché européen les plus importants pour les équipements agricoles. C’est par ailleurs en France, à Beauvais, qu’est établie une des unités de production majeures du groupe AGCO. Cette usine n’est pas seulement la plus grosse unité de production de tracteurs du pays, elle a aussi le statut du plus gros exportateur français d’équipements agricoles.
AGCO a rassemblé à l’occasion de cette conférence un panel d’experts devant intervenir sur les opportunités existant dans le domaine des marchés agricoles dans un climat économique ayant fortement évolué ces derniers mois. Animé par Haig Simonian, correspondant du Financial Times pour la Suisse et l’Autriche, le débat a démarré par le rappel des changements récents.
Martin Richenhagen, Porte-parole, Président et CEO d’AGCO Corporation, a déclaré que les bases n’avaient pas changé et que la demande en produits agricoles continue d’être plus forte que l’offre. Alors que la mécanisation a permis de faire progresser la productivité de l’agriculture sur les 50 dernières années, les producteurs doivent encore améliorer leurs rendements et leur efficacité pour répondre à la demande.
Du point de vue du banquier qu’est Arnaud Roux De Bezieux, Manager Général de Rabobank en France, les perspectives à long terme restent inchangées. A court terme cependant, une certaine incertitude risque de s’installer compte tenu de la réduction des crédits et liquidités disponibles, particulièrement dans les pays de l’est. Ailleurs, des établissements bancaires fortement enracinés dans l’agriculture tels que la Rabobank, sont particulièrement bien placés pour financer l’investissement en matériel agricole, particulièrement en Europe occidentale.
Klaus Martini, Membre du directoire de Wilhelm von Finck AG, a ajouté que, bien que les prix agricoles aient enregistré de fortes baisses, il gardait lui aussi confiance.
“Cette crise financière marque la fin du modèle libéral créé lors de l’ère Reagan. Nous allons retourner à un monde complètement différent – qui verra plus de nationalisations, plus de régulation et moins de crédit. Mais la population mondiale croît encore, ce qui continuera de stimuler la demande en produits agricoles.”
« L’augmentation nécessaire de la production sur des surfaces agricoles disponibles de plus en plus réduites signifie que la mécanisation devra passer un nouveau palier » a déclaré Sir Ben Gill, Directeur Exécutif du cabinet « Hawkhills Consultancy » et ancien président de la « Confederation of European Agriculture ». “Répondre à cette demande croissante implique des investissements massifs en matière de Recherche et Développement dans le domaine agricole alors que ceux-ci ont décliné sur les 30 dernières années. Nous devons creuser tous les domaines, y compris les plus controversés tels que les OGM. Les stocks de grains sont actuellement relativement bas. A moins que nous n’ayons une campagne exceptionnelle, l’année 2009 sera également tendue. »
De bonnes récoltes dans de nombreuses parties du monde associées à des cours exceptionnellement hauts mettent de nombreuses exploitations dans une situation plutôt favorable en ce début 2009. “De nombreuses exploitations sont financièrement saines et pour celles qui voudront grandir, nous pourrons fournir du financement ” a déclaré Arnaud Roux De Bezieux. La Rabobank, cotée Triple A dans le monde bancaire, est partenaire d’AGCO FINANCE dans le cadre d’une joint venture.
“Mais dans certains pays tels que l’Ukraine et la Russie, il y a également des problèmes de devises et nous pourrions être amenés à faire du ‘barter trade’ pour débloquer la situation. Cet hiver, de nombreuses surfaces n’ont pas été semées par manque de crédit disponibles pour les semences et les engrais » a-t-il ajouté. « Cela constitue une très mauvaise nouvelle pour les exploitations concernées mais cela signifie que l’offre sera réduite sur le marché, ce qui raffermira encore les cours…. »
Mr Richenhagen a déclaré qu’AGCO était confiant dans le développement du marché agricole : “Nous ne sommes pas présents dans les équipements destinés à la construction” a-t-il rappelé à l’audience. “Notre stratégie a consisté à concentrer notre activité sur la fourniture d’équipements aux exploitations professionnelles agricoles…parce que nous sommes moins diversifiés, nous sommes aujourd’hui moins vulnérables et cela se révèle être la bonne stratégie. »
« Mais », a demandé l’animateur Haig Simonian, « que faut-il faire pour ramener les marchés à un comportement plus normal ? » . « L’important c’est de développer des formes de garanties et des solutions novatrices pour encourager les banques à prêter de nouveau. » a déclaré Mr Roux De Bezieux.
La volatilité des cours des matières premières n’est pourtant pas le seul résultat de la pression sur la demande. La spéculation a entraîné des prix exceptionnels. Mais, a ajouté Sir Ben Gill: “Nous sommes dans une situation où la demande croît de 20 % d’année en année. Le marché mondial des céréales est de 650 millions de tonnes mais seulement 100 millions tonnes sont réellement échangés. La demande supplémentaire de 20 millions tonnes (ou 20 %) a un effet disproportionné sur l’ensemble du marché. De petits changements peuvent faire de grosses différences. »
De nombreux pays envisagent maintenant des barrières économiques afin de protéger leur marché intérieur, ce que tous les intervenants ont considéré comme une démarche prévisible mais malvenue. Ceci signifie aussi que les discussions actuellement en cours dans le cadre du GATT seront très vraisemblablement bloquées compte tenu de la propension exacerbée de chacun des pays concerné à défendre ses propres positions.
Tous les intervenants ont néanmoins convenu que la demande en produits agricoles destinés à l’alimentation, voire à la production d’énergie, continuera de progresser.
Aucun des facteurs fondamentaux influençant cette tendance n’a disparu en dépit de la situation économique.
« En outre, » a confirmé Sir Ben Gill , « il y a un réel besoin de vision stratégique concernant la façon dont le monde produira plus de nourriture sur une surface disponible réduite. Les recherches démontrent que les gens disposant de revenus inférieurs à $ 8000 sont sur un modèle de régime alimentaire essentiellement végétarien. Au fur et à mesure que ces revenus augmentent, les consommateurs évoluent vers un régime plus sophistiqué, plus riche en protéines, qui consomme plus de céréales à la base. Aujourd’hui, 350 millions de personnes dans le monde sont au-dessus du seuil de ressources de $8000. En 2020, ce chiffre devrait atteindre 2 milliards.”
Gary Collar, Senior Vice President d’AGCO et General Manager EAME/ANZ (Europe, Afrique, Moyen Orient/Australie & Nouvelle Zélande) a remercié les participants pour leur contribution au débat. Ces discussions, a-t-il ajouté, illustrent les évolutions qui ont marqué le monde depuis le dernier SIMA, en 2007.
“Nous savions à l’époque que nous approchions de la fin d’un cycle. Mais pour AGCO, 2008 a été encore meilleure que 2007 et nous sommes confiants dans les réponses et les solutions que nous sommes en mesure d’apporter aux exploitants pour faire face à 2009. »
“Nous pensons très fortement que nos clients vont continuer d’investir dans des solutions à forte productivité – ils sont à la recherche de machines susceptibles de les aider à dégager plus de revenu. Chez AGCO, nous sommes engagés sur cette voie. AGCO a fortement investi dans de nouvelles technologies devant permettre aux exploitants d’augmenter leur productivité , de gagner en précision et de réduire leurs coûts. Et ceci se confirme au travers des différentes récompenses qu’ont recueilli nos nouveaux produits. Nous nous tenons prêts au côté des agriculteurs. Dans ce monde plein de questions, AGCO continue d’investir dans le développement de solutions et de machines devant permettre à ses clients de gagner en profitabilité.”